“Acropole de la civilisation musicale”

 

Des éloges pour Mikis Theodorakis,
à l’occasion de la publication d’un livre avec ses textes

 
“J’ai toujours aimé la réaction. Je croyais que même si quelqu’un n’a pas des ennemis, il faut les fabriquer. Sinon la vie n’a pas de saveur”.

Voici un récent extrait de son expérience, telle que l’a exprimée hier Mikis Theodorakis sous forme de dicton. Cette fois-ci sa phrase a éclairée le côté “hérétique” d’une personnalité aux nombreux prismes et au discours torrentiel. Vous imaginez bien combien était difficile l’œuvre de Ioanna Kolovou choisissant les extraits des textes de Mikis de la dernière décennie qui ont été publiés, soit sous forme d’interviews, soit comme articles, soit pris de ses discours, et les réunissant dans une trilogie sous le titre général: “Où trouverai-je mon âme… ?”, et avec les sous- titres (a) Musique, (b) Art et Civilisation et (c) Idées.

Photo: Eleftherotypia
A l’ouvrage qui est diffusé par les éditions “Livani”, vont être ajoutés bientôt deux autres tomes, un sur la politique et la civilisation et un autre avec des textes philosophiques. Mais ces textes qui seront ajoutés, tout comme les compléments, sont indispensables dans une œuvre d’une personnalité capable, au jour le jour, d’ajouter à chacun de ses livres de nouveaux chapitres.

“De parler sur Mikis, est une grande responsabilité”, a donc souligné Ilias Livanis pendant la présentation de l’œuvre qui a eu lieu dans la maison du compositeur au pied de l’Acropole. “Profondément Grec et universel, il vit tout ce qui préoccupe l’homme moderne”, a-t-il ajouté.

“Cent chaque année”

En regardant du côté de l’Acropole, le ministre de la Culture Evangelos Venizelos a choisi de qualifier Mikis d’ “Acropole de notre civilisation musicale”, en se déclarent “fier quand il a appris le nombre d’exécutions de ses œuvres à l’étranger: au moins cent chaque année”. Aux qualifications pour Mikis il a ajouté celle d’un “grand phénomène naturel”, et d’un “indice et catalyseur de la conscience collective des Grecs”, en soulignant que quelque soit la perception que chacun ait de sa personnalité et de son œuvre, ce qui est commun pour tous, est que “l’image de Theodorakis appartient à l’Histoire”. M.Venizelos a exalté aussi le travail de Kolovou, qui “a essayé de codifier le phénomène et nous a permis de découvrir dans ces livres les côtés secrets de Mikis”.

“Il nous a formés. Il nous a obligé de nous mesurer avec nous-mêmes”, a dit le ministre de l’Éducation, Petros Eftymiou, pour l’influence qu’a exercée cette personnalité sur sa génération. “Par exemple, attitude de vie et exemple universel, un sujet sensible et constamment vibrant pour tout ce qui se passe”, Mikis Theodorakis, “donne dans ces volumes des réponses pour nous tous”. Mais voilà que M. Eftymiou n’a pas été d’accord avec le regret du compositeur concernant la situation actuelle de la musique grecque. Et de lui affirmer “que sa plainte sera retournée par une jeune génération de musiciens talentueux formée dans les lycées musicaux”, a dit le ministre, en annonçant la prochaine inauguration du nouveau Lycée “Mikis Theodorakis” à Oropos.

“Les Grecs l’ont adoré”

En désaccord aussi Lefteris Papadopoulos “avec son regret que le peuple grec ne lui ait pas suffisamment rendu hommage. Mais les grecs l’ont adoré”, a-t-il dit. Le même a souligné qu’un livre pour un compositeur qui a relié sa musique populaire avec la poésie savante ne pourrait avoir un meilleur titre que celui du vers d’Elytis (pour l’utilisation duquel la permission a été demandé à Ioulita Iliopoulou qui assistait à la manifestation).

En ce qui concerne l’action de résistance de Mikis, c’est le président de l’Union des Avocats du droit pénal, M. Argyropoulos qui en a parlé, alors que sa qualité d’être “le dianoitis – le penseur qui crée un courant philosophique – et l’intellectuel unique, avant-garde de la dianoissis (pensée), a été relevée par Adamantios Pepelassis.

Assis entre les ministres de l’Éducation et de la Culture, Mikis Theodorakis a expliqué la raison de la présentation du livre dans sa maison. “Pour des raisons de santé, a-t-il dit, il m’est difficile de circuler, moi qui ai fait le tour du monde. Mais je suis debout…”. D’ailleurs durant toute sa vie, il a lutté pour tout ce qui l’intéressait: “Je croyais toujours, a-t-il remarqué, qu'un citoyen responsable s’intéressait à tout. C’est pour cela que j’étais intéressé par de nombreuses choses, et non pas parce que j’avais la capacité de tout faire”.

En parlant des trois tomes de l’œuvre de Kolovou il a affirme qu’ils “constituent un recueil de la pensée qui m’a conduit à l’art et à la vie”.

Et se reportant au titre, il a souligné que c’est un “un vers qui nous concerne tous, parce que nous les Grecs nous cherchons notre âme…"

“Tous les peuples de la terre considèrent comme un de leurs Mikis Theodorakis, tous l’aiment. Parce qu’il est assis et il a prêté son oreille à leurs âmes…”, note Ioanna Kolovou dans son avant-propos, en donnant ainsi encore une autre explication pour le choix du titre qui souligne cette relation à double sens que Mikis avait toujours avec le monde, à l’intérieur et à l’extérieur des frontières.

Traduction : Héraclès Galanakis – Guy Wagner

D’après © ELEFTEROTYPIA 05/11/2003


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