„Mikres Kyklades"

„Petites Cyclades" (AST 157)


Dora Giannakopoulou
 

Dans „Archipelagos", tout comme dans „Mikres Kyklades", sur les merveilleux textes du futur Prix Nobel de Littérature, Odysseas Elytis, Theodorakis a réuni des chansons influencées par les îles grecques. Le folklore des îles constitue ainsi la base pour des créations musicales très personnelles et très authentiques en même temps.

Les „Petites Cyclades", écrites en 1963, remontent à un appel public de Theodorakis aux poètes grecs de lui envoyer des poèmes inconnus ayant la forme de chansons pour qu'il puisse les mettre en musique. Odysseas Elytis lui a répondu spontanément, Theodorakis ayant déjà composé une chanson sur un texte de lui: „Entre Syros et Tzia", entré dans: „Archipelagos".

Elytis a envoyé sept poèmes à Theodorakis qui sont aussi simples que naturels, qui apparaissent comme aussi purs que joyeux, et Mikis en a fait un de ses cycles les plus rayonnants et heureux.

Il reflète de la manière la plus évidente la joie créatrice qui caractérise toute sa création des années '60: Theodorakis est heureux d'avoir fait le pas qui l'a séparé de l'avant-garde parisienne et lui a permis le retour aux racines grecques, et avec cette incroyable créativité qui l'animait à cette époque, il a donné à ses compatriotes une musique contemporaine originale qui a donné à la Grèce sa position dans la musique universelle.

Les sept „Petites Cyclades" chantent du soleil, de la mer et de l'amour, de la beauté du quotidien et de la force de la vie simple et tranquille. Le langage poétique d'Elytis est merveilleux, comme le sont les mélodies de Theodorakis dans leur intensité naturelle. Faut-il s'étonner qu'elles aient été reprises très vite par tous les Grecs. Tout le monde connaît „Marina" ou „Le petit vent du Nord". Chantées, jouées, enregistrées des milliers de fois, ces chansons demeurent aussi fraîches que le soir du 23 décembre 1963 dans la boîte „Symposio", quand elles ont été chantées pour la première fois par Dora Giannakopoulou, accompagnée à la guitare par Notis Mavroudis.

A peine une décennie plus tard, le poète a publié ce cycle dans „Ta Ro tou Erota" ensemble avec tous ses poèmes qu'il avait écrits expressément pour qu'ils deviennent des chansons.

Dans la préface à la publication il a noté:

„Les anges chantent. Les amoureux aussi. Derrière chaque élan, chaque passion, une guitare attend prête à prendre les paroles et à les faire voyager de lèvre en lèvre. Et cela n'est pas rien. C'est la joie de donner de la joie aux autres, c'est cela ce qui nous tient en vie. C'est pour cela que proche de mes poèmes j'ai tenté d'écrire quelques chansons sans les déprécier du tout. De toute façon, on parle des choses qu'on aime, pour le reste la parole est à ceux qui vont écouter."

© Guy Wagner, 2002

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