Epiphanie
Averoff
Guy
Wagner
Le
procès de la Junte contre les membres du Front Patriotique est
préparé après l'arrestation de Theodorakis, le 21
août 1967.
Trente et une personnes, quinze hommes et seize femmes, doivent comparaître
en justice, tandis que l’affaire Theodorakis serait traitée
séparément.
Mikis sent le piège. On veut faire croire qu’il s’est
dégonflé, voire qu’il a trahi ses camarades. En guise
de protestation, il commence une grève de la faim. Il veut être
entendu comme témoin.
Dix jours plus tard, il perd conscience et est transféré
à l’hôpital de la prison « Averoff». Le
procès commence sans lui : « La seule pensée de
me voir sur la sellette du tribunal militaire sous les feux des projecteurs
de l’opinion publique grecque et internationale, mettait les colonels
en transes. »
Pour rompre l’isolation dans laquelle il se trouve à la prison
Averoff, il recommence à composer.
Il reprend d’abord un poème du cycle Epiphania de Seferis
qu’il avait écrit sept ans auparavant et qu’à
cette époque-là, il n’avait pas composé en
entier : J’ai tenu ma vie.
Maintenant, il développe la mélodie pour en faire la première
œuvre d’un genre musical nouveau qu’il appellera : «
chanson-fleuve », une espèce de mélodie sans
fin.
Le texte symbolique devient symbole de sa propre résistance.
Plus tard, à Zatouna, l’œuvre trouvera sa version définitive
pour soliste récitant, chœur et orchestre, et Theodorakis
lui donnera le titre Epiphania Averoff.
Le caractère en est à la fois de retenue douloureuse, mais
aussi d’intransigeance et d’inflexibilité devant les
coups du destin. La musique repose sur un rythme régulier qui progresse
de façon constante, implacable vers un but qui paraît s’éloigner
toujours davantage.
Genèse
de l'oeuvre par Theodorakis | Poème
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