EpitaphiosLa controversepar Guy Wagner
Les
»petites gens«, les hommes des quartiers pauvres à
la frange des grandes villes, les jeunes qui sont en attente de »quelque
chose«, se retrouvent dans l'enregistrement de Theodorakis et
l'accueillent triomphalement. La bourgeoisie quant à elle, est
irritée, voire horrifiée. Des controverses passionnées
conduisent à une polémique nationale, dont le ténor
est que Theodorakis a manqué de respect envers les textes de
Ritsos, déjà par le fait qu'il a donné à
un chanteur comme Bithikotsis – quelqu'un du Lumpenproletariat!
– la possibilité de les chanter. »J'avais de grands doutes ! Cette sainte liturgie, cette plainte, cet hymne de la classe ouvrière serait donc chanté dans des tavernes où on mange et qu'on raconte de mauvaises blagues... Pourtant, j'avais tort ! C'est là que >Epitaphios< a rencontré les gens simples, s'est offert, s'est donné à eux. Et eux se sont donnés à lui. Ils ont compris le poème. Ils l'ont dévoré !« Quand
la »bataille d'Epitaphios« fait rage, Theodorakis prend
position lui aussi. Ainsi, quand le reproche lui est fait d'avoir choisi
un »chanteur indigne« pour interpréter un texte aussi
grand, il réplique qu'il est impensable qu'une classe de la société
soit digne de chanter et une autre non, et que lui était convaincu
que la voix de Bithikotsis deviendrait »la voix collective
de la Grèce«. Extrait de © Guy Wagner : Mikis Theodorakis. Une vie pour la Grèce. Editions PHI
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