A propos d'»Œdipus Tyrannos«

par Guy Wagner



La genèse de l'œuvre
Sophocle

Sophocle

Après le retour de Georges II en Grèce en 1946, la chasse aux »communistes« est ouverte. Mikis Theodorakis, alors à Athènes, est pris au piège. Il entre dans la clandestinité.

C'est là qu'il élabore les premières esquisses d'»Œdipus Tyrannos«, oeuvre dans laquelle un certain nombre d'autres compositions de ses vingt ans vont se retrouver, notamment le premier mouvement: »Prélude et Choros« d'un Sextuor pour flûte, piano et quatuor à cordes qui deviendra par la suite la »Symphonietta«. Le même noyau thématique sera également réintégré, en 1982, dans la » Passion Sadducéenne«.

 

Quand, le directeur du Conservatoire d'Athènes, Philoktitis Ikonomidis, meurt en décembre 1957, Mikis Theodorakis - qui étudie alors au Conservatoire de Paris, - réalise une version pour orchestre à cordes de son »Œdipus Tyrannos« sur la base des esquisses faites dix ans auparavant, en y ajoutant de nouveaux éléments mélodiques.

Le contenu de l'œuvre

»Œdipus Tyrannos« est une partition d'une grande expressivité et reflète l'élément tragique du personnage d'Œdipe dans le drame de Sophokle, sans que Theodorakis ait pourtant composé une »musique à programme« et qu'il ait utilisé les thèmes musicaux de façon simplement illustrative.

Son but était de créer une »atmosphère«, grâce à laquelle il pouvait faire le pont entre une tragédie du passé et le présent non moins tragique. Pour cette raison, le compositeur se réfère aussi à l'harmonie de la musique byzantine et il réussit à pleinement intégrer les éléments de cette musique grecque très spécifique dans la dramaturgie de sa propre composition.

»Œdipus Tyrannos« constitue pour lui une des synthèses les plus réussies entre son esprit et son naturel grec, d'une part, et, de l'autre, les techniques occidentales de la composition étudiées et apprises à Athènes et à Paris.

L'œuvre, devenue un hommage émouvant de l'élève à un maître qui l'a toujours encouragé et qui a dirigé ses premières partitions symphoniques: »Prométhée enchaîné«, la »Symphonie en trois mouvements« et surtout »La Fête d'Assi-Gonia«. a été créée à Athènes, le 8 décembre 1958 en honneur d'Ikonomidis et a trouvé un accueil chaleureux,... même auprès de la critique.


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