Mikis Theodorakis présente
son oeuvre et invite ses co-exilés
Les mémoires de Makronissos
sont devenues la "Proti Symphonia"
Sa "Première Symphonie" qu'il a
composée dans des conditions difficiles en 1948-49, sera présentée
par Mikis Theodorakis - avec l'Orchestre National d'Athènes" (KOA)
- ce vendredi (27.11.1998) au Megaro de Musique d'Athènes, et Mikis
a invité dans la salle ses co-exilés de cette période
à Makronissos et à Ikaria.
Tous ceux qui se sont trouvés avec Mikis Theodorakis à Makronissos
au régiment D' se souviennent probablement qu'à l'époque
il écrivait une oeuvre qu'il voulait dédier aux victimes
de la guerre civile. Certains se souviennent peut-être même
qu'à l'époque, les esquisses se sont perdues deux fois,
la première, en novembre 1948, pendant une tempête qui a
emporté les tentes avec les objets des bannis, dont les notes de
la "Première Symphonie" de Theodorakis, et la deuxième quand
Theodorakis les a jetées dans un ravin pendant le passage du régiment
D' au régiment A' à Makronissos que lui et les autres 300
co-exilés ont dû faire au pas de course. Ces esquisses sont
restées gravées dans sa mémoire, et c'est ainsi que
les années suivantes (1950-1953) elles ont été transcrites
pour devenir la "Première Symphonie".
"En mettant sur papier mes premières idées, les premiers
plans de ma Symphonie, a écrit Mikis, j'ai donné d'abord
une expression aux sentiments et aux idées qui me remplissaient
à l'époque. Le sentiment de protestation et de peine d'une
jeunesse qui, pour des raisons subjectives autant qu'objectives me conduisait
dans une impasse, a encore été renforcé par l'expérience
douloureuse des événements de l'occupation et de ce qui
l'a suivie."
Aujourd'hui, cinquante ans après sa composition, cette oeuvre est
présentée pour la première fois en Grèce par
Mikis Theodorakis lui-même comme un geste sentimental vis-à-vis
de ses camarades encore en vie, afin qu'ils puissent entendre les compositions
musicales qu'à l'époque ils ne voyaient que sur du papier.
L'invitation va plus particulièrement aux proches du sous-lieutenant
Makis Karlis et à ceux de Vassilis Zanos exécuté,
les deux amis bien aimés de Theodorakis, aux "frères" tués
à la même époque dans des camps opposés, auxquels
Mikis Theodorakis a dédié symboliquement son oeuvre.
Seront présentés en même temps que la "Première
Symphonie", la deuxième partie de la "Sinfonietta" ainsi que la
"Rhapsodie pour violoncelle", en première pour la Grèce,
avec Tatiana Vassilieva.
Extrait de "Ta Nea" du 26 novembre 1998.
Traduit avec l'aimable assistance de M. Héraclès Galanakis,
attaché de presse de l'Ambassade de Grèce à Luxembourg.
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