Le »Requiem« de Theodorakispar Guy Wagner
Ce texte tente de sonder l'ordre profond du monde et de trouver la »lumière brûlante«. Theodorakis a écrit son »Requiem« en souvenir des funérailles de son père et il a ainsi fixé musicalement ce souvenir. Le compositeur, en s'approchant de nouveau de la musique spirituelle, byzantine, cherche de nouveaux langages sonores. Ainsi, il introduit dans son »Requiem« une voix de femme, une innovation pour cette musique-là, de même qu'un choeur d'enfants. Selon lui, ils doivent représenter la présence combattante de la vie en face d'une mort chantée. Toute la diversité et la richesse de ses compositions l'aide à montrer les possibilités qu'il a en lui et qui vont bien au-delà encore de tout ce qu'il a déjà réalisé. Pourquoi éprouve-t-il ce besoin profond de toujours se renouveler et de dire qui il est avec des moyens toujours actualisés et différenciés, sans qu'il y perde sa personnalité et son authenticité? Je crois qu'il n'y a à cela qu'une seule réponse: Theodorakis veut renouveler avec d'autres moyens le dialogue avec la jeunesse si brutalement interrompu en 1967 et qui n'a jamais été vraiment renoué. D'un autre côté, il veut sortir des confusions et des malentendus qui l'entourent. Si pour des millions de gens il est le compositeur de »Zorba« et d'autres rengaines mélodiques, il voudrait quand même aussi être pour quelques milliers un compositeur qui, chaque jour, s'efforce de mener plus loin la musique grecque et de lui conférer sa place singulière et valable dans le monde sonore universel. © Guy Wagner (1995) Theodorakis sur son "Requiem" | Missa Greca | Liturgie n°2 | Calendrier | Index |