
CD
INTUITION
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Après
mes oeuvres liturgiques KASSIANI, en 1942, et LITURGIE
DIVINE (MISSA GRECA) en 1982, j'ai composé ma Messe des
Morts en 1984, que j'ai dénommée aussi REQUIEM,
pour souligner le contexte avec cette forme de musique connue de
la tradition de la musique européenne.
La différence fondamentale entre le Requiem occidental et
mes compositions d'église plus précoces existe aussi
bien dans l'arrangement du mélos que dans son enharmonisation.
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Hormis
cela, l'emploi des voix chorales était significatif pour moi, ainsi
que la relation à construire entre le soliste, le choeur d'enfants
et le choeur mixte.
J'ai ressenti comme
une nécessité l'emploi
d'un choeur d'enfants, de même que l'utilisation de la voix fémine
en soliste, bien que celle-ci ne soit pas admise par l'église orthodoxe.
Ce contraste des voix d'enfants, comme présence offensive de la
vie, vis-à-vis de la mort, nous aide, je crois, à nous délivrer
de la domination macabre d'un phénomène inévitable,
et pourtant bouleversant et mystérieux.
Pour moi, le texte du père d'église Jean Damaskinos (Damascène)
appartient aux conquêtes les plus hautes de lyrisme grec, d'un point
de vue tant
humain et spirituel, que
philosophique et poétique. Ce texte nous aide à reconnaître
nos dimensions véritables et justes à l'intérieur
de l'ordre de ce monde; il nous invite à un plongeon enivrant dans
le propre moi, afin de découvrir la "lumière qui
brûle" et de reconnaître la nature et la quintessence
de l'être humain.
À nous relier au mystère de la mort comme garantie unique,
peut-être même, comme possibilité unique de reconnaître
la nature de la vie.
Je dédie cete oeuvre aux morts de la bataille de Kalavrita.
©
Mikis Theodorakis
Commentaire sur le"Requiem"
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